Santé Arthrose des doigts : symptômes, causes et ce qui soulageArthrose de la cheville : causes, symptômes et traitementsArthrose cervicale et vertiges : ce que dit la médecineDifférence entre arthrose et arthrite : comment les distinguerArthrose lombaire : les exercices à éviter et ceux à faire Toute la section santé
Nutrition Bien-être Sport
Le site Notre méthodeLa rédactionÀ propos Toute la section le site
Le site
La rédaction de Tonus et Vie À propos
AccueilSanté › Arthrose des doigts en photos : ce que l'on voit, et ce qu'une photo ne dira jamais

Mis à jour le 24 septembre 2026La rédaction de Tonus et Vie, Rédaction

Santé

Arthrose des doigts en photos : ce que l'on voit, et ce qu'une photo ne dira jamais

Arthrose des doigts en photos : ce que l'on voit, et ce qu'une photo ne dira jamais
Image d'illustration produite par Tonus et Vie. Elle ne représente aucune personne réelle.

Chercher des photos avant de consulter est un réflexe très répandu, et il n'a rien d'absurde : l'arthrose des doigts est l'une des rares maladies dont les signes se voient à l'œil nu, sur ses propres mains. Encore faut-il savoir quoi regarder. Une déformation n'a pas la même signification selon l'articulation qu'elle touche, et deux affections très différentes donnent des mains qui se ressemblent sur une image. Voici les trois localisations, leurs noms, ce qui les distingue, et la limite précise de ce qu'une photo peut établir.

Sommaire7 sections
  1. 01Les trois formes, et leurs noms
  2. 02Ce qu'une photo montre réellement
  3. 03L'erreur de lecture la plus fréquente sur une image
  4. 04Ce qui confirme le diagnostic
  5. 05Pourquoi surtout les femmes, et souvent dans la même famille
  6. 06Comment regarder vos mains, concrètement
  7. 07Questions fréquentes

Les trois formes, et leurs noms

Le dictionnaire médical de l'Académie nationale de médecine décrit l'arthrose des doigts comme une atteinte dégénérative fréquente en particulier chez les femmes après la ménopause, et il en distingue trois localisations. Ce sont elles que vous cherchez à reconnaître.

Les articulations interphalangiennes distales, celles qui sont juste avant l'ongle. L'atteinte y forme des renflements osseux appelés nodosités d'Heberden, du nom du médecin britannique qui les a décrites. Aux mains, elle prédomine sur les deuxième et troisième rayons, c'est-à-dire l'index et le majeur.

Les articulations interphalangiennes proximales, celles du milieu du doigt. Les renflements y portent un autre nom, nodosités de Bouchard, d'après un anatomopathologiste français membre de l'Académie de médecine.

L'articulation trapézométacarpienne, à la base du pouce, dans le creux du poignet. On parle alors de rhizarthrose du pouce. Elle ne donne pas de nodosité visible sur le doigt : elle se manifeste par une douleur à la pince et une base du pouce qui s'épaissit.

Savoir laquelle vous concerne change tout, parce que ces trois formes ne gênent pas les mêmes gestes.

Ce qu'une photo montre réellement

Ce que l'on voit sur une image, ce n'est pas le cartilage abîmé : c'est l'os qui a réagi.

Le dictionnaire de l'Académie est précis sur ce point : ce sont les ostéophytes postérieurs qui forment les nodosités. Un ostéophyte est une excroissance osseuse que l'articulation fabrique en périphérie. Les bosses dures que l'on sent de part et d'autre de l'articulation ne sont donc ni du gonflement, ni de l'inflammation : c'est de l'os.

Cela explique trois choses que les photos montrent bien.

Elles sont dures au toucher et fixes. On ne les fait pas disparaître en pressant, elles ne varient pas d'un jour à l'autre.

Elles sont symétriques autour de l'articulation, souvent une de chaque côté, ce qui donne l'aspect en renflement plutôt qu'en boule unique.

Elles s'installent lentement, sur des années, et elles ne régressent pas.

À l'inverse, ce qu'une photo ne montre pas : l'état du cartilage, le pincement de l'espace articulaire, et l'ampleur réelle de l'atteinte. Une main peu déformée peut faire très mal, une main très déformée peut être presque indolore.

L'erreur de lecture la plus fréquente sur une image

C'est celle qui justifie de ne pas s'arrêter à la photo, et elle a des conséquences pratiques importantes.

Des doigts gonflés et douloureux ne signifient pas automatiquement de l'arthrose. Plusieurs maladies articulaires touchent les mains, et certaines relèvent d'une prise en charge rapide alors que l'arthrose n'est pas une urgence.

Quelques éléments orientent, et ils ne se voient pas tous sur une image fixe.

Le moment de la douleur. L'arthrose donne une douleur dite mécanique : déclenchée par l'usage de la main, calmée par le repos. Une douleur qui réveille la nuit et qui s'accompagne d'une raideur matinale longue, de plus d'une demi-heure, oriente vers autre chose.

La nature du gonflement. Un renflement dur et osseux n'est pas un gonflement mou, chaud et rouge. Le second appelle un avis rapide.

Les articulations touchées. L'arthrose des doigts frappe préférentiellement les interphalangiennes et la base du pouce. Une atteinte qui débute ailleurs mérite d'être regardée.

Une photo ne permet de trancher aucun de ces quatre points, et c'est la raison pour laquelle elle ne remplace pas un examen.

Ce qui confirme le diagnostic

La réponse tient en un mot, et elle est la même depuis longtemps : la radiographie.

L'Inserm la présente comme l'outil de diagnostic et de suivi de l'arthrose. Elle montre ce qu'aucune photo ne peut montrer, le pincement de l'espace situé entre les deux os, c'est-à-dire la perte d'épaisseur du cartilage.

C'est un examen simple, rapide et courant. L'important est de ne pas le remplacer par une comparaison d'images sur internet, qui donne au mieux une intuition, et au pire une fausse certitude dans les deux sens : croire qu'on a de l'arthrose quand ce n'en est pas, ou se rassurer à tort.

Nous avons détaillé le tableau complet, les signes, l'évolution et ce qui soulage, dans notre page sur l'arthrose des doigts.

Pourquoi surtout les femmes, et souvent dans la même famille

Deux éléments du dictionnaire de l'Académie méritent d'être soulignés, parce qu'ils répondent à des questions que beaucoup se posent sans oser les formuler.

L'atteinte est fréquente en particulier chez les femmes après la ménopause. Ce n'est donc ni une coïncidence ni un hasard si elle apparaît à cette période de la vie. Nous expliquons ce que la carence en œstrogènes change dans le corps, os compris, dans notre page sur la perte de poids à la ménopause.

Et elle est souvent héréditaire et familiale. Si votre mère avait les mêmes doigts, ce n'est pas votre travail manuel ni vos habitudes qui sont en cause. Cette information a une valeur pratique : elle évite de se reprocher quelque chose, et elle explique pourquoi la prévention par le mode de vie a peu de prise ici.

L'âge, lui, pèse lourd sur toutes les localisations : l'arthrose ne concerne que 3 % des moins de 45 ans, mais 65 % des plus de 65 ans. Et les mains sont l'une des localisations les plus touchées, dans 35 à 45 % des cas.

Comment regarder vos mains, concrètement

Puisque vous êtes venu pour comparer, autant le faire dans le bon ordre.

Posez les deux mains à plat, paumes vers le bas, à la lumière du jour. Regardez le profil de chaque doigt de côté plutôt que du dessus : les renflements osseux se voient mieux de profil.

Repérez l'étage. Juste avant l'ongle, ce sont les interphalangiennes distales, donc des nodosités d'Heberden. Au milieu du doigt, les proximales, donc des nodosités de Bouchard.

Touchez. Dur et fixe oriente vers de l'os, donc vers de l'arthrose. Mou, chaud, sensible à la pression oriente ailleurs.

Notez ce que vous ne pouvez plus faire. Ouvrir un bocal, tourner une clé, tenir un stylo, pincer une fermeture éclair. C'est cette liste, et non l'aspect, qui décidera de ce qu'on vous propose.

Prenez une photo de vos mains si vous voulez, mais prenez-la pour la montrer au médecin, pas pour la comparer à celles d'internet. Datée, elle servira aussi de point de repère dans deux ans.

Questions fréquentes

À quoi ressemble l'arthrose des doigts sur une photo ?

À des renflements durs situés de part et d'autre d'une articulation du doigt, qui déforment son profil. Ce sont des excroissances osseuses, appelées ostéophytes, et non un gonflement. Elles siègent avant l'ongle ou au milieu du doigt selon la localisation.

Quelle est la différence entre nodosités d'Heberden et de Bouchard ?

Leur étage. Les nodosités d'Heberden touchent les articulations juste avant l'ongle, les interphalangiennes distales, avec une prédominance sur l'index et le majeur. Les nodosités de Bouchard touchent celles du milieu du doigt, les interphalangiennes proximales.

Peut-on diagnostiquer une arthrose des doigts avec une photo ?

Non. Une photo montre la déformation osseuse, pas l'état du cartilage. C'est une radiographie qui confirme, en montrant le pincement de l'espace entre les deux os.

Des doigts gonflés signifient-ils forcément de l'arthrose ?

Non, et la distinction compte. Un renflement dur et fixe oriente vers l'arthrose ; un gonflement mou, chaud, avec une raideur matinale de plus d'une demi-heure et des douleurs qui réveillent la nuit, oriente vers autre chose et demande un avis plus rapide.

Pourquoi l'arthrose des doigts touche-t-elle surtout les femmes ?

Le dictionnaire de l'Académie nationale de médecine la décrit comme fréquente en particulier chez les femmes après la ménopause. Elle est en outre souvent héréditaire et familiale.

Qu'est-ce que la rhizarthrose ?

C'est l'arthrose de l'articulation à la base du pouce, la trapézométacarpienne. Elle ne donne pas de nodosité sur le doigt mais une douleur à la pince et un épaississement de la base du pouce.

Les nodosités peuvent-elles disparaître ?

Non. Ce sont des excroissances osseuses, elles ne régressent pas. En revanche, la douleur qui les accompagne n'évolue pas au même rythme que la déformation et peut s'atténuer alors que l'aspect ne change pas.

À quel âge cela commence-t-il ?

L'arthrose, toutes localisations confondues, ne concerne que 3 % des moins de 45 ans, mais 65 % des plus de 65 ans. Pour les doigts, la période qui suit la ménopause est celle où l'atteinte se déclare le plus souvent.

Sources : Dictionnaire médical de l'Académie nationale de médecine, entrées « arthrose des doigts » et « arthrose inter-phalangienne distale », consultées le 21 septembre 2026 : fréquence chez les femmes après la ménopause, prédominance sur les deuxième et troisième rayons, ostéophytose postérieure formant les nodosités d'Heberden, nodosités de Bouchard aux interphalangiennes proximales, rhizarthrose du pouce à l'articulation trapézométacarpienne, caractère souvent héréditaire et familial. Inserm, dossier « Arthrose », publié le 14 novembre 2022 avec Francis Berenbaum, Centre de recherche Saint-Antoine, unité Inserm 938, consulté le 21 septembre 2026 : fréquence par âge, part des mains parmi les localisations, et rôle de la radiographie comme outil de diagnostic et de suivi.

Cette page aide à regarder ses mains, elle ne pose pas de diagnostic. Une déformation, une douleur qui dure ou un gonflement inhabituel se montrent à un médecin.