Les listes d'exercices interdits circulent beaucoup sur ce sujet, et elles passent à côté de l'essentiel. Ce que les rhumatologues déconseillent, ce sont les gestes à réceptions violentes et à changements d'appui brutaux, pas le sport en général. Le maintien d'une activité physique régulière, y compris sportive, est au contraire « fortement conseillé » en cas d'arthrose. L'erreur la plus coûteuse n'est donc pas de faire le mauvais exercice : c'est d'arrêter de bouger par peur d'aggraver. Cette page dit ce qu'il faut éviter, ce qu'il faut garder, et ce qui ne sert à rien.
L'arthrose lombaire, ou lombarthrose, est l'usure du cartilage des articulations situées entre les vertèbres du bas du dos. C'est la localisation la plus fréquente de l'arthrose.
La Société française de rhumatologie nomme deux familles de gestes.
Les réceptions violentes. Tout ce qui fait retomber le poids du corps d'un coup sur la colonne : sauts répétés, course sur sol dur pratiquée intensivement, sports de combat avec chutes, corde à sauter sur surface rigide.
Les changements d'appui brutaux. Les sports de pivot avec arrêts et relances secs, comme le squash, le tennis pratiqué intensivement, le football, le basket. Ces gestes sont décrits comme « fragilisants et à éviter » lorsque l'arthrose est installée et déjà importante.
S'y ajoute un principe valable pour toute arthrose : pendant une poussée douloureuse, l'articulation doit être épargnée. Il faut alors lui éviter tout surmenage, le temps que la crise passe. Ce n'est pas la même chose qu'un arrêt durable.
En pratique, cela vise davantage l'intensité et le type de sollicitation que tel ou tel mouvement isolé. Un exercice de renforcement bien exécuté n'est pas dangereux pour une colonne arthrosique.
C'est l'inverse du message que l'on trouve partout, et c'est celui des sociétés savantes.
« Le maintien d'une activité physique régulière, y compris sportive, est fortement conseillé chez les patients arthrosiques. » La formulation est celle de la Société française de rhumatologie, et elle n'est pas assortie de réserve pour la colonne.
L'activité physique est même présentée comme l'une des mesures phare de la prise en charge de l'arthrose, parce qu'elle permet de garder une bonne amplitude articulaire et de conserver les mouvements au fil du temps. Elle agit là où aucun médicament n'agit : sur la fonction.
Et pour le dos en particulier, la prise en charge d'une lombalgie repose sur trois volets simultanés, dont le troisième est « le maintien des activités physiques, sociales et professionnelles ». Le repos n'y figure pas.
Les rhumatologues citent trois activités qui sollicitent peu les articulations arthrosiques.
Le cyclisme, qui fait travailler les jambes en déchargeant la colonne d'une partie du poids du corps.
La natation, où la portance de l'eau supprime la compression.
La marche, la plus accessible, qui entretient la mobilité sans à-coups. C'est la réponse à une question souvent posée : oui, la marche est bonne en cas d'arthrose lombaire, et elle fait partie des activités explicitement recommandées.
À ces trois-là s'ajoutent, pour la phase douloureuse, des mesures simples : le chaud, les étirements et les automassages, qui décontractent les muscles. Le chaud ou le froid se choisissent selon ce qui soulage chacun, sans règle générale.
Trois points que les pages sur l'arthrose lombaire mentionnent rarement, et qui évitent des dépenses et des illusions.
La ceinture lombaire n'a pas d'intérêt en continu. Elle peut soulager dans certaines situations, parce qu'elle tient chaud et empêche les mouvements brusques. Mais la Société française de rhumatologie ajoute une phrase importante : elle « peut augmenter les craintes du patient quand il faut la retirer ». Autrement dit, le port permanent entretient la peur de bouger, qui est le vrai problème.
La kinésithérapie n'a pas démontré son efficacité en phase aiguë. Elle garde tout son intérêt ensuite, dans le travail de fond, mais pendant la crise elle n'accélère pas les choses.
Les infiltrations ne donnent pas de résultats dans les lombalgies sans douleur descendant dans la jambe. Elles peuvent se discuter dans des cas particuliers, notamment une arthrose des articulations postérieures, mais pas comme réponse générale.
Et la chirurgie de la colonne lombaire n'est pas efficace s'il n'y a pas de radiculalgie, c'est-à-dire pas de douleur irradiant dans le membre inférieur.
Le premier volet de la prise en charge d'une lombalgie ne consiste pas à traiter, mais à rassurer.
La consigne des rhumatologues est explicite : il faut rassurer sur le fait que « c'est très douloureux mais pas grave et ça guérit tout seul », et qu'il n'y a pas de risque d'atteinte de la moelle épinière.
Cette réassurance n'est pas un supplément d'âme, c'est un élément du traitement. Une personne persuadée que chaque mouvement abîme sa colonne réduit ses activités, perd de la force musculaire et de la souplesse, et voit sa douleur s'installer. L'arthrose, elle, ne recule pas pour autant : les lésions du cartilage ne régressent jamais, quoi qu'on fasse.
Un point d'anatomie aide aussi à relativiser. La colonne arrive en tête des zones touchées par l'arthrose, devant les mains et les genoux. Et l'Inserm ajoute une précision qui compte : passé 65 ans, l'atteinte du dos passe le plus souvent inaperçue. Une radiographie qui montre de l'arthrose lombaire n'explique donc pas toujours la douleur ressentie.
Les traitements, dans l'ordre où ils se posent.
Les antalgiques de palier 1 en première intention, le paracétamol, à essayer avant tout le reste. Les antalgiques de palier 2 sont un recours si les premiers ne suffisent pas.
Les anti-inflammatoires sont proposés au même titre que les antalgiques de palier 2, en respectant les contre-indications, et sur la durée la plus courte possible.
Les mesures non médicamenteuses : chaleur, étirements, automassages. L'acupuncture et la stimulation électrique antalgique peuvent être proposées.
Les manipulations vertébrales peuvent l'être aussi, mais dans un cas précis : chez les lombalgiques en phase aiguë qui n'ont pas pu reprendre leurs activités habituelles.
La perte de poids enfin, si elle est nécessaire. La fiche de la Société française de rhumatologie, mise à jour en 2019, retient 5 % : c'est la diminution de poids qui améliore les douleurs et protège les articulations.
Sans attendre en cas de douleur qui descend dans la jambe, de faiblesse ou de fourmillements d'un membre, de troubles pour uriner ou aller à la selle, d'une perte de sensibilité entre les cuisses, de fièvre associée, ou d'une douleur qui réveille la nuit et ne se calme dans aucune position.
Ces signes ne relèvent pas de l'arthrose banale et imposent un avis médical rapide.
Oui. La marche fait partie des activités recommandées avec le cyclisme et la natation, parce qu'elle sollicite peu les articulations arthrosiques tout en entretenant la mobilité. Le maintien d'une activité régulière est l'une des mesures principales de la prise en charge.
Ceux qui imposent des réceptions violentes et des changements d'appui brutaux : sauts répétés, sports de pivot pratiqués intensivement, sports avec chutes. Ils sont décrits comme fragilisants lorsque l'arthrose est installée et importante.
Les étirements font partie des mesures non médicamenteuses recommandées, avec le chaud et les automassages, pour décontracter les muscles. Leur choix et leur exécution se voient utilement avec un kinésithérapeute, en dehors de la phase aiguë.
Pendant une poussée douloureuse, l'articulation doit être épargnée. En dehors des crises, non : la prise en charge repose au contraire sur le maintien des activités physiques, sociales et professionnelles.
Elle peut soulager dans certaines situations, parce qu'elle tient chaud et limite les mouvements brusques. Mais elle n'a pas d'intérêt en port continu, et elle peut augmenter les craintes au moment de la retirer.
Non. Le maintien d'une activité physique régulière, y compris sportive, est fortement conseillé. Seules les pratiques intenses en compétition ont été identifiées comme de potentiels facteurs de risque, et un certificat médical est alors demandé.
Elle n'a pas démontré son efficacité en phase aiguë de lombalgie. Elle garde son intérêt dans le travail de fond, une fois la crise passée.
Elles peuvent se discuter dans des cas particuliers, comme une arthrose des articulations postérieures. Dans les lombalgies sans douleur descendant dans la jambe, elles ne donnent pas de résultats.
Pas toujours. L'arthrose de la colonne est fréquente après 65 ans mais reste le plus souvent silencieuse. Sa présence à l'imagerie ne suffit donc pas à expliquer un symptôme.
Société française de rhumatologie, public.larhumatologie.fr. Page « Les idées reçues » sur l'arthrose, responsable de publication Sandrine Guis, Marseille : maintien d'une activité physique régulière y compris sportive fortement conseillé, choix du cyclisme, de la natation et de la marche lorsque l'arthrose est installée, sports à réceptions violentes et changements d'appui brutaux fragilisants et à éviter. Page « Comment se traite une lombalgie ou une lomboradiculalgie commune » : trois volets simultanés dont le maintien des activités physiques, sociales et professionnelles, réassurance, antalgiques de palier 1 en première intention, anti-inflammatoires, chaleur, étirements et automassages, acupuncture et stimulation électrique, manipulations vertébrales en phase aiguë chez ceux qui n'ont pas repris leurs activités, ceinture lombaire sans intérêt en continu et pouvant augmenter les craintes, kinésithérapie non démontrée en phase aiguë, infiltrations sans résultat en l'absence de douleur dans la jambe, chirurgie inefficace sans radiculalgie. Page « Comment se traite aujourd'hui l'arthrose » : perte de 5 % du poids, activité physique comme mesure phare, épargne de l'articulation en poussée. Inserm, dossier Arthrose, Pr Francis Berenbaum, unité Inserm 938. Trois éléments repris ici : la colonne arrive en tête des zones touchées, l'atteinte du dos passe souvent inaperçue après 65 ans, et le cartilage abîmé ne se reconstitue pas. Sources consultées le 15 septembre 2026.
Article informatif. Le choix de vos exercices se décide avec un kinésithérapeute, et toute douleur descendant dans la jambe impose un avis rapide.