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Mis à jour le 17 septembre 2026La rédaction de Tonus et Vie, Rédaction

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Arthrose du genou : les signes, les stades et ce qui change vraiment quelque chose

Arthrose du genou : les signes, les stades et ce qui change vraiment quelque chose
Image d'illustration produite par Tonus et Vie. Elle ne représente aucune personne réelle.

Au genou, l'arthrose est plus répandue que partout ailleurs dans la jambe. Entre 40 et 75 ans, elle touche 2 à 10 % des hommes et 3 à 15 % des femmes en France, avec une nette prédominance féminine après la ménopause. Dans le monde, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comptait 365 millions de personnes concernées par cette seule articulation en 2019.

Elle n'est pas une usure uniforme : le genou compte trois compartiments, et l'arthrose peut n'en toucher qu'un. C'est ce détail qui explique pourquoi deux personnes au même stade radiologique ne ressentent pas la même chose, et pourquoi une douleur qui réveille la nuit doit faire poser une autre question.

Sommaire11 sections
  1. 01Où se situe la douleur d'une arthrose du genou
  2. 02Pourquoi une arthrose du genou ne devrait pas vous réveiller la nuit
  3. 03Est-ce que l'arthrose fait gonfler le genou
  4. 04Les quatre stades de l'arthrose du genou, et ce que le mot « stade » cache
  5. 05Le stade radiologique ne dit pas votre douleur
  6. 06Le chiffre qui déclenche la discussion d'une prothèse
  7. 07Ce qui est le mieux démontré : bouger
  8. 08Chaud ou froid sur un genou arthrosique
  9. 09Ce qui augmente le risque, et ce sur quoi on peut agir
  10. 10Ce que cette page ne traite pas
  11. 11Questions fréquentes sur l'arthrose du genou

Où se situe la douleur d'une arthrose du genou

La douleur est globale au genou, et plus souvent localisée du côté interne quand c'est le compartiment fémoro-tibial médial qui est atteint, ce qui est le cas le plus fréquent.

Son caractère décisif n'est pas l'endroit, c'est l'horaire. Une douleur d'arthrose est mécanique : elle augmente à l'effort, en particulier dans les escaliers, et elle se calme au repos. Elle s'accompagne d'un dérouillage matinal possible, mais de moins de quinze minutes.

S'y ajoutent des sensations que les patients décrivent avant même de parler de douleur : une raideur, des craquements, une impression de lâchage du genou, parfois des épisodes de blocage.

Pourquoi une arthrose du genou ne devrait pas vous réveiller la nuit

C'est la question la plus utile du sujet, et la réponse est nette.

Une arthrose du genou ne réveille pas la nuit, sauf aux changements de position. C'est le critère qui la sépare d'une douleur inflammatoire, et le Collège français des enseignants en rhumatologie l'écrit en ces termes dans son cours sur l'arthrose.

Donc si votre genou vous réveille franchement, deux pistes sont à explorer avec un médecin : une poussée inflammatoire de l'arthrose, reconnaissable à l'association d'une douleur accrue, d'un dérouillage matinal toujours court et d'un épanchement ; ou bien une autre maladie, dont les rythmes ne sont pas les mêmes et que nous détaillons dans notre page sur la différence entre arthrose et arthrite.

Est-ce que l'arthrose fait gonfler le genou

Oui, et c'est le signe d'une poussée, pas de l'arthrose de fond.

L'épanchement articulaire, ce que le langage courant appelle « avoir de l'eau dans le genou », traduit une inflammation de la membrane synoviale. Il apparaît par épisodes, il n'est pas permanent, et il accompagne une phase douloureuse.

Ce qui compte pour vous : un genou qui gonfle n'aggrave pas définitivement votre arthrose, mais il signale un moment où l'articulation ne doit pas être forcée.

Les quatre stades de l'arthrose du genou, et ce que le mot « stade » cache

Le classement utilisé partout est celui de Kellgren et Lawrence, un index composite qui regarde deux choses sur la radiographie : les ostéophytes, ces excroissances osseuses, et le pincement de l'interligne, c'est-à-dire la perte de hauteur du cartilage.

GradeCe que montre la radiographie
0aucun signe d'arthrose
1pincement douteux, ostéophyte possible à un stade précoce
2ostéophytes certains, pincement léger
3ostéophytes multiples et modérés, pincement net, sclérose sous-chondrale possible
4pincement sévère, gros ostéophytes, sclérose marquée et déformation osseuse

Première précision que presque personne ne donne : on parle de « quatre stades » mais l'échelle en compte cinq, de 0 à 4. Le grade 0 est le genou normal.

Seconde précision, et elle est propre au genou : aux grades 1 et 2, ce sont les ostéophytes qui apparaissent avant le pincement. À la hanche, le pincement est là dès le premier stade. C'est une des raisons pour lesquelles une radiographie de genou peut inquiéter alors que la gêne est faible.

Le stade radiologique ne dit pas votre douleur

C'est le malentendu le plus coûteux du sujet, et il a une explication anatomique précise.

Le cartilage n'est ni vascularisé ni innervé. Il ne peut donc pas faire mal. Sa matrice est composée à plus de 80 % d'eau, de collagène et de protéoglycanes, et son rôle est mécanique : absorber les contraintes entre deux surfaces osseuses.

La douleur arthrosique vient d'ailleurs : de l'os sous-chondral, de la capsule mise en tension lors des épanchements, de la membrane synoviale, et de mécanismes de sensibilisation centrale de la douleur.

Traduit dans votre vie : un grade 3 peu douloureux existe, un grade 2 très douloureux aussi. La décision ne se prend pas sur l'image seule, elle se prend sur le retentissement, ce que les rhumatologues mesurent avec des questionnaires comme l'indice de Lequesne ou le WOMAC.

Le chiffre qui déclenche la discussion d'une prothèse

L'indice de Lequesne additionne la douleur nocturne, le dérouillage matinal, la douleur à la marche, le périmètre de marche et cinq gestes de la vie quotidienne.

Au-delà de 10 à 12 points, le domaine chirurgical commence, et l'indication d'une prothèse totale se discute. En dessous, la prise en charge reste médicale.

Ce seuil n'est pas une obligation, c'est un repère partagé. Mais il a un mérite : il déplace la conversation du « j'ai de l'arthrose » vers « voici ce que je ne peux plus faire », qui est la seule question sur laquelle une décision se prend.

Ce qui est le mieux démontré : bouger

C'est contre-intuitif quand on a mal, et c'est pourtant le traitement de fond.

Le Collège français des enseignants en rhumatologie signale une surmortalité cardiovasculaire chez les patients souffrant d'arthrose du genou, du fait de la sédentarité que la maladie entraîne. Autrement dit, le risque de ne pas bouger dépasse le sujet du genou lui-même.

L'OMS place l'exercice régulier et le maintien d'un poids sain en tête de sa prise en charge, avant les anti-inflammatoires et bien avant la chirurgie, réservée aux formes sévères.

Qui est concerné, d'après la même source. Dans sa fiche publiée le 14 juillet 2023, l'OMS indique que 73 % des personnes vivant avec une arthrose ont plus de 55 ans et que 60 % sont des femmes. Sur les 528 millions de personnes concernées toutes articulations confondues, 344 millions présentent une atteinte modérée à grave, celle qui justifie une prise en charge de réadaptation.

Ce que ça veut dire concrètement : l'objectif n'est pas de « ménager » le genou mais de le faire travailler dans une amplitude qui ne déclenche pas la douleur, en dehors des poussées. Nous avons détaillé la logique des mouvements qui aggravent et de ceux qui soulagent sur une autre articulation, dans notre page sur les exercices à éviter en cas d'arthrose lombaire.

Chaud ou froid sur un genou arthrosique

La question revient constamment et elle a une réponse simple, tirée du mécanisme.

Le froid pendant une poussée, quand le genou est gonflé, chaud et plus douloureux : il agit sur la composante inflammatoire.

Le chaud en dehors des poussées, sur une raideur matinale ou avant de bouger : il détend et facilite le dérouillage.

Aucun des deux ne modifie l'évolution de l'arthrose. Ce sont des moyens de confort, à choisir selon l'état du genou au moment où vous vous posez la question.

Ce qui augmente le risque, et ce sur quoi on peut agir

L'arthrose est rare avant 40 ans et son incidence augmente fortement après 60 ans. L'âge n'est pas modifiable, deux autres facteurs le sont.

Le poids, et plus précisément le syndrome métabolique. On a longtemps expliqué le lien entre surpoids et arthrose par la seule charge mécanique. Le Collège français des enseignants en rhumatologie retient désormais que la combinaison hypertension, diabète de type 2 ou insulinorésistance, dyslipidémie et obésité constitue en elle-même un facteur de risque. C'est ce qui explique que l'arthrose touche aussi des articulations qui ne portent pas le poids du corps, comme les doigts, sujet que nous traitons dans notre page sur l'arthrose des doigts.

L'axe de la jambe. Un genu varum, les jambes en parenthèses, surcharge le compartiment interne. Un genu valgum, plus rare, surcharge l'externe. C'est ce qui décide du compartiment atteint.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne remplace pas un avis médical, et elle ne dit rien de votre cas particulier.

Elle ne traite pas les traitements médicamenteux, les infiltrations, les injections d'acide hyaluronique ni le plasma riche en plaquettes, qui relèvent d'une prescription et d'une évaluation individuelle.

Elle ne traite pas non plus la chirurgie ni les suites d'une prothèse, qui ont leurs propres protocoles de rééducation.

Enfin, les chiffres de prévalence cités valent pour des populations, pas pour une personne : ils situent un phénomène, ils ne prédisent rien.

Questions fréquentes sur l'arthrose du genou

Comment savoir si ma douleur au genou est de l'arthrose ?

Trois signes orientent ensemble : une douleur mécanique, qui augmente à l'effort et dans les escaliers et se calme au repos ; un dérouillage matinal de moins de quinze minutes ; et l'absence de réveil nocturne en dehors des changements de position. Le diagnostic reste radioclinique : il associe l'examen et la radiographie.

Quels sont les quatre stades de l'arthrose du genou ?

L'échelle de Kellgren et Lawrence compte en réalité cinq grades, de 0 à 4. Le 0 est le genou normal, le 1 un pincement douteux, le 2 des ostéophytes certains avec pincement léger, le 3 des ostéophytes multiples avec pincement net, le 4 un pincement sévère avec déformation osseuse.

Est-ce que la marche est bonne pour l'arthrose du genou ?

Oui, en dehors des poussées. L'exercice régulier est en tête des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé pour l'arthrose, et l'inactivité expose les personnes souffrant d'arthrose du genou à une surmortalité cardiovasculaire. Pendant une poussée avec épanchement, en revanche, l'articulation ne doit pas être forcée.

Pourquoi mon arthrose du genou me fait-elle mal la nuit ?

Une arthrose ne réveille normalement pas, sauf aux changements de position. Un réveil nocturne franc oriente soit vers une poussée inflammatoire, avec douleur accrue et épanchement, soit vers une autre cause qu'un médecin doit chercher. Ce n'est pas un signe banal de l'arthrose.

Est-ce que l'arthrose fait gonfler le genou ?

Oui, par épisodes. Le gonflement traduit un épanchement lié à l'inflammation de la membrane synoviale, et il signe une poussée. Il n'est pas permanent, et son apparition indique un moment où il vaut mieux alléger la charge.

Le stade de ma radiographie correspond-il à ma douleur ?

Pas nécessairement, et c'est normal. Le cartilage n'étant ni vascularisé ni innervé, il ne peut pas faire mal par lui-même : la douleur vient de l'os sous-chondral, de la capsule, de la synoviale et de mécanismes centraux. Un grade élevé peu douloureux et un grade modéré très douloureux existent tous les deux.

À partir de quand parle-t-on de prothèse du genou ?

Il n'y a pas de seuil automatique, mais un repère partagé : l'indice de Lequesne, qui cote la douleur et la gêne fonctionnelle. Au-delà de 10 à 12 points, le domaine chirurgical commence et l'indication se discute. C'est le retentissement qui décide, pas l'image.

Et les compléments alimentaires ? La liste européenne des allégations de santé autorisées ne contient rien pour la glucosamine ni pour la chondroïtine, les deux molécules les plus vendues du rayon. Nous avons ouvert le texte et nous détaillons ce qu'il autorise vraiment dans notre page sur le remède miracle contre l'arthrose.

Faut-il mettre du chaud ou du froid sur un genou arthrosique ?

Du froid pendant une poussée, quand le genou est gonflé et plus douloureux. Du chaud en dehors des poussées, pour la raideur. Ni l'un ni l'autre ne modifie l'évolution de la maladie : ce sont des moyens de confort.

L'arthrose du genou touche-t-elle toujours tout le genou ?

Non. Le genou compte trois compartiments, fémoro-tibial médial, fémoro-tibial latéral et fémoro-patellaire, et l'atteinte peut n'en concerner qu'un. Les localisations sont intriquées dans 15 à 20 % des cas, réalisant des formes uni, bi ou tricompartimentales.