Santé Arthrose des doigts : symptômes, causes et ce qui soulageArthrose de la cheville : causes, symptômes et traitementsArthrose cervicale et vertiges : ce que dit la médecineDifférence entre arthrose et arthrite : comment les distinguerArthrose lombaire : les exercices à éviter et ceux à faire Toute la section santé
Nutrition Bien-être Sport
Le site Notre méthodeLa rédactionÀ propos Toute la section le site
Le site
La rédaction de Tonus et Vie À propos
AccueilSanté › Arthrose de la hanche : la douleur n'est presque jamais là où on l'attend

Mis à jour le 17 septembre 2026La rédaction de Tonus et Vie, Rédaction

Santé

Arthrose de la hanche : la douleur n'est presque jamais là où on l'attend

Arthrose de la hanche : la douleur n'est presque jamais là où on l'attend
Image d'illustration produite par Tonus et Vie. Elle ne représente aucune personne réelle.

L'arthrose de la hanche, ou coxarthrose, se manifeste rarement dans la hanche elle-même. Elle se signale par une douleur du pli de l'aine, qui descend souvent sur le devant ou l'intérieur de la cuisse. Et dans certains cas, elle est entièrement projetée au genou, ce qui trompe même les personnes qui en souffrent depuis des mois.

Elle touche 1 à 5 % de la population entre 40 et 75 ans en France, avec une légère prédominance féminine.

Un second fait change la façon d'aborder le diagnostic : une fois sur deux, elle n'est pas primitive. Elle est la conséquence d'une anomalie de forme de la hanche présente depuis toujours, qu'il faut chercher sur la radiographie.

Sommaire9 sections
  1. 01Où l'arthrose de la hanche fait mal
  2. 02Le signe qui sépare l'arthrose d'autre chose
  3. 03L'évolution par phases, et la durée d'une crise
  4. 04Une coxarthrose sur deux a une cause de forme
  5. 05Ce que montre la radiographie, et pourquoi c'est différent du genou
  6. 06Peut-on vivre avec une arthrose de la hanche
  7. 07Ce qui est recommandé en premier
  8. 08Ce que cette page ne traite pas
  9. 09Questions fréquentes sur l'arthrose de la hanche

Où l'arthrose de la hanche fait mal

Le Collège français des enseignants en rhumatologie décrit quatre présentations, et une seule correspond à l'intuition.

Au pli de l'aine, le plus souvent. La douleur peut irradier sur la face antérieure ou antéro-médiale de la cuisse, au point de ressembler à une cruralgie, c'est-à-dire à une douleur de nerf.

Dans la fesse, plus rarement, avec une irradiation derrière la cuisse.

Au genou, et uniquement au genou. C'est le cas piégeux : la hanche ne fait pas mal du tout, le genou fait mal, et l'examen du genou ne trouve rien. C'est la raison pour laquelle un médecin examine systématiquement les hanches devant une douleur de genou sans explication.

Ce que ça change pour vous : si vous consultez pour un genou et qu'on vous mobilise la hanche, ce n'est pas une erreur. Et si votre genou reste inexpliqué, la question de la hanche mérite d'être posée. Nous traitons l'articulation voisine dans notre page sur l'arthrose du genou.

Le signe qui sépare l'arthrose d'autre chose

Comme toute arthrose, la coxarthrose donne une douleur mécanique : déclenchée par l'usage, calmée par le repos.

Le dérouillage matinal existe, mais il dure moins de trente minutes. C'est le seuil que retient l'enseignement de la rhumatologie pour la hanche. Au-delà, notamment quand la raideur s'installe pour une heure ou plus, on quitte le terrain de l'arthrose et on entre dans celui des maladies inflammatoires, que nous comparons dans notre page sur la différence entre arthrose et arthrite.

L'évolution par phases, et la durée d'une crise

La coxarthrose n'avance pas régulièrement. Elle alterne des périodes chroniques, où la gêne est variable et la douleur modérée, et des phases douloureuses aiguës qui peuvent durer plusieurs semaines.

Ces poussées s'accompagnent d'une inflammation de l'articulation. Elles se calment, puis reviennent.

Deux conséquences pratiques. La première : juger l'évolution de sa maladie sur une mauvaise semaine n'a pas de sens. La seconde : un produit pris au début d'une poussée semblera toujours efficace, puisque la poussée se serait calmée de toute façon. C'est ce biais que nous démontons dans notre page sur le remède miracle contre l'arthrose.

Une coxarthrose sur deux a une cause de forme

C'est le fait le plus utile de cette page, et presque personne ne le met en avant.

Dans 50 % des cas, la coxarthrose est secondaire à un vice architectural de la hanche, le plus souvent une dysplasie, c'est-à-dire une anomalie de forme de l'articulation présente depuis l'enfance. Le Collège français des enseignants en rhumatologie précise que cette anomalie doit être systématiquement recherchée par des radiographies.

Pourquoi ça compte. Une arthrose secondaire à une dysplasie n'a pas la même histoire naturelle qu'une arthrose primitive : elle peut apparaître plus tôt, et la connaissance de la cause change le suivi. Une radiographie qui se contente de constater l'usure sans chercher la forme de la hanche n'a fait que la moitié du travail.

Ce que montre la radiographie, et pourquoi c'est différent du genou

Le diagnostic est radioclinique : il associe l'examen, qui trouve une limitation douloureuse des amplitudes de la hanche, et l'imagerie.

Sur le cliché, on cherche un pincement de l'interligne coxofémoral et une ostéophytose, ces excroissances osseuses, sur la tête fémorale ou le cotyle.

La différence avec le genou n'est pas anecdotique. Dans le classement radiologique de Kellgren et Lawrence, utilisé pour toutes les articulations, le pincement de l'interligne est présent à la hanche dès le premier stade, alors qu'au genou ce sont les ostéophytes qui apparaissent en premier. Une hanche et un genou au même grade ne racontent donc pas la même étape de la maladie.

Peut-on vivre avec une arthrose de la hanche

C'est la question la plus posée du sujet, et la réponse honnête est : oui, longtemps, et la vraie question est ailleurs.

Ce qui se mesure, ce n'est pas l'usure, c'est ce que vous ne pouvez plus faire. Les rhumatologues utilisent des questionnaires comme l'indice de Lequesne, le WOMAC ou le KOOS. L'indice de Lequesne pour la hanche cote la douleur nocturne, le dérouillage matinal, la douleur au piétinement et à la marche, le périmètre de marche, et cinq gestes très concrets : enfiler une chaussette ou un collant, ramasser un objet à terre, monter et descendre un étage, sortir d'une voiture, et le retentissement sur la vie sexuelle.

Le seuil qui fait basculer la discussion est de 10 à 12 points. Au-delà, le domaine chirurgical commence et l'indication d'une prothèse totale de hanche se discute. En dessous, la prise en charge reste médicale.

Ce repère a un mérite : il remplace une angoisse floue par une liste de gestes, que l'on peut suivre dans le temps.

Ce qui est recommandé en premier

Bouger et surveiller son poids viennent avant tout le reste. C'est l'ordre que retient l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui met ces deux leviers devant les anti-inflammatoires et loin devant la chirurgie. Dans sa fiche publiée le 14 juillet 2023, elle dénombre 528 millions de personnes vivant avec une arthrose dans le monde en 2019, dont 60 % de femmes.

Pour la hanche, l'objectif n'est pas la performance : c'est de préserver les amplitudes et le périmètre de marche, qui sont exactement ce que l'indice de Lequesne mesure. Autrement dit, ce qu'on entretient est ce sur quoi on sera évalué.

Ce que cette page ne traite pas

Elle n'est pas un avis médical et elle ne se substitue pas à une consultation.

Elle ne traite pas les traitements médicamenteux, ni les infiltrations, qui relèvent d'une prescription.

Elle ne traite pas la prothèse totale de hanche elle-même, ni ses suites, ni sa rééducation, qui méritent leur propre page.

Elle ne donne pas de programme d'exercices. Les mouvements adaptés dépendent de vos amplitudes et de votre stade, et ils se prescrivent.

Questions fréquentes sur l'arthrose de la hanche

Peut-on vivre avec une arthrose de la hanche ?

Oui, et souvent pendant des années. L'évolution se fait par phases, avec des périodes calmes et des poussées de plusieurs semaines. Ce qui décide de la suite n'est pas l'image mais le retentissement : le périmètre de marche et les gestes quotidiens, que l'indice de Lequesne chiffre.

Quels sont les premiers symptômes de l'arthrose de la hanche ?

Une douleur mécanique du pli de l'aine, déclenchée par la marche et calmée par le repos, avec un dérouillage matinal de moins de trente minutes. La douleur peut descendre sur le devant ou l'intérieur de la cuisse, s'installer dans la fesse, ou se projeter uniquement au genou.

Pourquoi mon genou me fait-il mal alors que c'est ma hanche ?

Parce que la douleur de coxarthrose peut être totalement projetée en regard du genou. C'est une présentation connue et trompeuse, et c'est la raison pour laquelle l'examen des hanches est systématique devant une douleur de genou inexpliquée.

L'arthrose de la hanche est-elle héréditaire ?

Pas directement, mais sa cause peut l'être. Dans 50 % des cas, la coxarthrose est secondaire à un vice architectural de la hanche, souvent une dysplasie présente depuis l'enfance. C'est ce que la radiographie doit chercher, en plus de l'usure.

Combien de temps dure une crise d'arthrose de la hanche ?

Les phases douloureuses aiguës peuvent durer plusieurs semaines, avec une inflammation de l'articulation. Elles alternent avec des périodes chroniques où la gêne est plus modérée. Une crise qui s'installe très au-delà, ou qui change de rythme, justifie un avis.

Faut-il marcher quand on a de l'arthrose de la hanche ?

En dehors des poussées, oui. L'OMS place l'exercice régulier et le poids en tête de la prise en charge. Le but est de préserver les amplitudes et le périmètre de marche, qui sont précisément ce qui est évalué pour décider d'une chirurgie.

À partir de quand pose-t-on une prothèse de hanche ?

Il n'existe pas de seuil automatique. Le repère partagé est l'indice de Lequesne : au-delà de 10 à 12 points, le domaine chirurgical commence et l'indication se discute. La décision se prend sur la gêne fonctionnelle, pas sur la radiographie seule.

Le stade radiologique de ma hanche est-il comparable à celui d'un genou ?

Non, et c'est une subtilité utile. Dans la classification de Kellgren et Lawrence, le pincement de l'interligne apparaît à la hanche dès le stade 1, alors qu'au genou les ostéophytes précèdent le pincement. Un même grade ne décrit donc pas la même avancée selon l'articulation.

Quels gestes deviennent difficiles avec une coxarthrose ?

Ceux que l'indice de Lequesne liste, et ils sont très concrets : enfiler une chaussette ou un collant, ramasser un objet à terre, monter et descendre un étage, sortir d'une voiture. S'y ajoutent une limitation du périmètre de marche et un retentissement possible sur la vie sexuelle, que le questionnaire prend en compte.