Il n'existe pas de taille normale de la prostate à 70 ans. Ni le référentiel du Collège d'urologie ni aucune recommandation française ne fixent un volume au-delà duquel un homme de 70 ans serait anormal. C'est la première chose à savoir avant de comparer la taille de la prostate lue sur son compte rendu d'échographie à un chiffre trouvé ailleurs.
Ce qui existe, en revanche, est écrit noir sur blanc dans ce référentiel, et c'est plus utile : le volume de la prostate ne dit pas la gêne urinaire. Un homme peut avoir une prostate très augmentée et uriner normalement, un autre une prostate modérément augmentée et se lever quatre fois par nuit.
La taille de la prostate est un volume : celui de la glande entière, estimée à l'échographie, et exprimée en millilitres sur le compte rendu. Ce n'est ni une longueur ni un diamètre, même si les recherches parlent souvent de centimètres. Le référentiel du Collège d'urologie parle de volume prostatique, et c'est cette grandeur-là qui figure dans un compte rendu d'imagerie.
Deux précisions comptent avant d'aller plus loin. La prostate est une glande de l'appareil génital masculin, traversée par le canal de l'urètre : c'est ce voisinage qui explique qu'une augmentation de son volume puisse gêner le passage de l'urine. Et son augmentation avec l'âge porte un nom, l'hypertrophie bénigne de la prostate, où le mot bénigne fait partie de la définition.
Trois raisons se cumulent, et aucune n'est une erreur de qui que ce soit.
La première est l'unité. L'échographie mesure un volume, exprimé en millilitres. Beaucoup de chiffres circulent en grammes, qui désignent une masse. Les deux ne se lisent pas de la même façon, et comparer un compte rendu en millilitres à un repère en grammes n'a pas de sens strict.
La deuxième est que la prostate grossit avec l'âge, continûment, sans palier. Il n'y a donc pas un chiffre à 70 ans, mais une plage large qui se décale d'une décennie à l'autre.
La troisième est qu'aucune autorité ne publie de norme par âge. Les fourchettes que l'on rencontre sont des ordres de grandeur d'auteurs, pas des seuils officiels. C'est pour cela qu'elles varient du simple au triple selon l'endroit où on les lit.
Le Référentiel du Collège d'urologie, au chapitre consacré à l'hypertrophie bénigne de la prostate, est explicite sur ce point, et il le répète deux fois plutôt qu'une :
> « Il n'existe pas de parallélisme entre le volume d'une HBP et la gravité des SBAU. »
> « Il n'existe pas de parallélisme anatomoclinique : les symptômes urinaires et le retentissement de l'HBP ne sont pas proportionnels au volume de l'adénome prostatique. »
SBAU veut dire symptômes du bas appareil urinaire : le jet faible, les levers nocturnes, l'impression de ne pas avoir vidé sa vessie, l'attente avant que le jet parte. HBP veut dire hypertrophie bénigne de la prostate, le terme médical de ce qu'on appelle couramment l'adénome.
Autrement dit : le chiffre que vous cherchez existe sur votre compte rendu, mais il ne décide pas de votre situation. Il n'est ni un diplôme ni un verdict.
Puisque le volume ne dit pas la gêne, c'est la gêne elle-même qui se mesure. L'outil s'appelle le score IPSS, pour International Prostate Symptom Score. Il tient en un questionnaire, et le référentiel en donne les seuils :
| Score | Interprétation |
|---|---|
| 1 à 7 | symptômes légers |
| 8 à 18 | symptômes modérés |
| 19 à 35 | symptômes sévères |
Ce questionnaire n'est pas un usage local. Il vient d'un index publié en 1992 par le comité de mesure de l'American Urological Association dans le Journal of Urology, PMID 1279218 : sept questions portant sur la fréquence des mictions, les levers nocturnes, la faiblesse du jet, la difficulté à démarrer, le jet interrompu, la vidange incomplète et l'urgence, validées sur 210 patients et 108 témoins. Adopté au plan international l'année suivante, il est devenu l'IPSS.
S'y ajoute une question distincte, la gêne ressentie, cotée de 1 à 6. Elle compte autant que le reste : deux hommes au même score ne vivent pas la même chose, et c'est le retentissement sur la vie quotidienne qui oriente la décision.
C'est le renversement à retenir. On ne traite pas une taille de prostate, on traite une gêne.
Il existe un chiffre où le volume redevient décisif, et il n'a rien à voir avec la normalité. Le référentiel rappelle que, historiquement, la chirurgie ouverte était requise pour les prostates de gros volume, au-delà de 80 millilitres.
Ce seuil n'est pas une frontière entre normal et anormal, et la taille de la prostate n'y sert pas à porter un diagnostic. C'est un repère technique, qui intervient une fois la décision d'opérer prise, pour choisir la voie d'abord. Un homme dont la prostate dépasse 80 millilitres et qui n'a aucune gêne n'a, de ce seul fait, rien à faire.
Environ 30 % des hommes de plus de 65 ans se plaignent de symptômes du bas appareil urinaire liés à une hypertrophie bénigne de la prostate, selon le même référentiel. À 70 ans, une prostate augmentée de volume est donc une situation courante, et le mot « bénigne » fait partie du nom de la maladie.
Deux conséquences pratiques. La première : une augmentation de volume constatée à l'échographie n'a rien d'exceptionnel à cet âge. La seconde : la majorité des hommes de plus de 65 ans ne se plaignent de rien, ce qui suffit à montrer que la taille de la prostate, seule, ne fabrique pas les symptômes.
Elle ne traite pas le cancer de la prostate, qui est une maladie distincte de l'hypertrophie bénigne, ni le dosage du PSA, ni le dépistage : ce sont trois sujets à part, et les mélanger à une question de volume ne rendrait service à personne.
Elle ne traite pas non plus les traitements, médicamenteux ou chirurgicaux, ni leurs effets. Elle ne donne aucun avis sur votre compte rendu : un volume ne s'interprète qu'avec le score de symptômes, l'examen clinique et le reste du bilan, et cela se fait en consultation.
Enfin, elle ne conseille aucun complément alimentaire. Nous avons ouvert le registre européen des allégations de santé à propos d'un autre rayon, et ce qu'on y trouve est instructif : c'est détaillé dans notre page sur le remède miracle contre l'arthrose, où la glucosamine et la chondroïtine, pourtant les plus vendues, ne portent aucune allégation autorisée.
Il n'en existe pas de définition officielle. Le référentiel du Collège d'urologie ne fixe aucune valeur normale par âge, et les fourchettes que l'on lit ailleurs sont des ordres de grandeur d'auteurs, pas des seuils.
La même réponse vaut à 68 comme à 70 ans. La prostate augmente de volume continûment avec l'âge, sans palier qui séparerait le normal de l'anormal.
Le seul seuil chiffré du référentiel est celui de 80 millilitres, et c'est un repère technique pour choisir la voie chirurgicale une fois l'indication posée, pas une définition de l'anormalité.
Aucune, prise isolément. L'indication se discute sur la gêne, mesurée par le score IPSS et la gêne ressentie, et sur le retentissement, pas sur un volume.
Non, et c'est précisément ce que dit le référentiel : les symptômes ne sont pas proportionnels au volume de l'adénome. Une prostate très augmentée peut n'entraîner aucune gêne.
Un questionnaire qui cote les symptômes urinaires de 1 à 35 : légers de 1 à 7, modérés de 8 à 18, sévères de 19 à 35. Une question distincte cote la gêne ressentie de 1 à 6.
L'échographie mesure un volume, donc des millilitres. Les chiffres donnés en grammes désignent une masse et ne se comparent pas directement à un volume.
Environ 30 % d'entre eux se plaignent de symptômes du bas appareil urinaire liés à une hypertrophie bénigne de la prostate.
Non. Ce sont deux affections distinctes, et cette page ne traite ni le cancer de la prostate, ni le PSA, ni le dépistage.
Le rapprocher de ce que vous ressentez, pas d'un chiffre trouvé ailleurs, et en parler en consultation. Le volume seul ne permet ni de se rassurer ni de s'inquiéter.
Sources :